PAPE SAER GUEYE (PDS):‘’Macky Sall est très mal à l’aise’’

Le Président Macky Sall est très mal à l’aise qu’après le référendum, en moins de deux ans, qu’il veuille toucher la constitution- ça, c’est inédit-, qu’il puisse chercher à modifier l’article L57 où il glisse subtilement la notion de tout sénégalais électeur. La difficulté et le problème qu’il a, c’est que la loi est générale et impersonnelle. Si on cible deux candidats, Karim Meissa Wade et le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall pour changer une loi, cela pose problème. Parce que si cette loi est changée, ils ne pourront pas s’inscrire. Karim Wade, là où il est, il n’y a pas de commission. Il ne peut pas donc s’inscrire à partir de là-bas. Maintenant avec ces dispositions, s’il partait en France, s’il avait prévu de partir à la fin du mois pour s’inscrire, son inscription sera invalidée dès lors que la loi sera promulguée. Khalifa Sall lui est en prison et il ne peut même pas sortir pour aller s’inscrire. Cela veut dire qu’il ne pourra pas être candidat. Donc cette loi vise ces deux candidats.
Maintenant la leçon de tout cela, c’est que nous avons un président de la République qui, à travers ces dispositions, cherche à éliminer systématiquement les candidats qui peuvent le battre. Car le parrainage qu’il a fait passer de 10.000 à 65.000 signatures voire 70.000 et qu’il veut élargir aux partis politiques est une violation flagrante de l’esprit de toutes les lois qui confèrent aux partis politiques qui doivent compétir au suffrage universel. On ne peut pas se réveiller et dire qu’un parti qui travaille depuis plus de 40 ans et qui est représenté à l’Assemblée nationale, qui a géré des mairies, qui a participé à la formation des citoyens, est d’égale dignité à un citoyen qui a de quoi payer sa caution ; ça menace les fondements de l’esprit d’un fonctionnement démocratique.
C’est une démarche qui menace la stabilité de notre pays. Ce n’est pas à un président sortant de choisir ses adversaires, d’éliminer ceux qu’il veut, de sponsoriser des candidats marionnettes. Il ne veut pas aller au deuxième tour. Voilà les risques qu’encourt le pays. C’est pourquoi nous appelons tout le peuple sénégalais, dans toutes ses composantes, à se mobiliser pour qu’il n’y ait pas de menace de la sécurité de notre pays.

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