PARRAINAGE: LES DÉPUTÉS NON-INSCRITS EN ORDRE DE BATAILLE

Tout comme le front social, le champ politique sénégalais est guettée par une ébullition. Déjà en ordre de bataille contre l’adoption de la loi sur le parrainage introduite à l’Assemblée nationale par le régime, des députés non-inscrits mettent en garde le Président Macky Sall contre toute tentative de forcing. ‘’Contre l’avis de tous les Sénégalais épris de démocratie et de justice, le gouvernement a décidé de défier le peuple sénégalais, seul détenteur de la souveraineté et lui imposer, par l’intermédiaire d’une Assemblée nationale aux ordres, une loi inique’’, ont déploré hier, au cours d’une conférence de presse tenue à Dakar, le Pr Cheikh Issa Sall du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), Demba Diop dit Diop Sy, Cheikh Bamba Dièye, leader du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno jubël, entre autres.
En effet, selon le leader du PUR, cette loi instituant le parrainage n’est ni plus ni moins anticonstitutionnelle dès lors qu’elle vise à limiter les candidatures à la présidentielle de 2019. Pour son camarade Cheikh Bamba Dièye, au-delà des calculs politiques cachés derrière cette loi, le parrainage n’est pas techniquement faisable. Surtout que, relève le Pr Cheikh Issa Sall, il est impossible de contrôler les signatures exigées à tous les candidats à la présidentielle. Cela, dit-il, d’autant que la signature est un signe graphique difficilement contrôlable. ‘’Je ne vois pas quelle commission technique peut contrôler 70.000 signatures pour chaque candidat. A supposer que nous avons 10 candidats, comment controler 700.000 signatures ?’’, déclare le leader du PUR.
Introduit au bureau de l’Assemblée nationale par le président de la République après son adoption en Conseil des ministres, le projet de loi portant révision de la constitution sera examiné en commission technique le 16 avril prochain et en plénière le 19 du même mois. Selon la députée Aïda Mbodj qui en a fait l’annonce, il ne sera pas examiné en même temps que la loi portant modification du code électoral dont l’examen est reporté à une date ultérieure pour y opérer certains réaménagent. Cependant, même si les délais sont courts, l’ex-présidente du Conseil départemental de Bambey ne désespère pas de voir le gouvernement reculer sur cette réforme. ‘’Il est encore temps de se voir et de régler certaines questions. Nous avons interpellé les consciences, nous avons parlé à qui de droit et nous continuons d’interpeller les chefs religieux et les leaders d’opinion, de régler le problème par anticipation’’, déclare Aïda Mbodj. Quoiqu’il en soit, ses camarades comptent bien mener le combat en dehors de l’hémicycle, inféodé selon eux, à l’Exécutif. ‘’Nous savons tous que l’Assemblée nationale du Sénégal a délibérément choisi la soumission voulue et assumée à l’Exécutif. Elle a cessé de représenter le peuple et d’être un rempart contre l’arbitraire et la dictature érigés en mode de gouvernance par le pouvoir exécutif’’, brocardent Cheikh Issa Sall et ses camarades. Ils soutiennent ainsi que le chef de l’Etat, à travers cette loi, vise simplement à instrumentaliser les institutions de la République, la loi et le droit pour conserver un pouvoir qui ne lui appartient pas en écartant ses adversaires politiques et en érigeant l’ordre injuste en justice. Mieux, ils relèvent que ‘’de manière indéniable et insidieuse, le gouvernement, par petites touches, a réussi à sortir le Sénégal du cénacle des nations démocratiques et cette loi est la cerise sur le gâteau qui va couronner cette volonté structurée de replonger le Sénégal dans les abysses de la démocratie’’. C’est pourquoi ils en appellent à une réponse à la dimension de la situation, une réaction concertée et inclusive afin que notre démocratie continue à être une fierté nationale. Cela, selon Cheikh Bamba Dièye, nécessite forcément une synergie dynamique, une mobilisation de tous par montrer la détermination du peuple à barrer la route à toute initiative non partagée et de surcroît, ‘’antidémocratique’’.

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