PRÉSIDENTIELLE 2019: IDY DEVOILE SON OFFRE PROGRAMMATIQUE

Même si la réflexion se poursuit sur son offre programmatique, Idrissa Seck a dévoilé ce week-end un pan du projet de société qu’il compte proposer aux Sénégalais à la présidentielle de 2019. EnQuête vous propose quelques extraits de ce document projeté par le leader de Rewmi.
Education
‘’Sous ce chapiteau, il y a une densité de matières grises au mètre carré qui m’autorisera quelques développements. J’ai connu des maîtres d’exception et c’est sous le poids des valeurs transmises par ces enseignants-chercheurs qui ont animé toutes les prestigieuses institutions que j’ai fréquentées autant par leurs paroles et par leurs plumes que la rectitude de leur éthique, que je souhaite inaugurer mon adresse en rendant un hommage appuyé à tous les enseignants qui forment, à tous les chercheurs qui cherchent. Selon le plus grand cerveau de l’humanité, Mouhamd (PSL), un seul homme de science a plus d’emprise sur le démon qu’un millier de dévots. La science m’amène à considérer l’éducation comme le secteur prioritaire de notre programme. Je ne la confierai donc pas à un ministre ni à un Premier ministre. Je mettrai en place un Conseil supérieur de l’éducation que nous avons plus besoin qu’un Conseil supérieur de la magistrature. Ce conseil supérieur de l’éducation qui sera présidé par le président de la République inclura les meilleurs recteurs d’université, pas tous, les meilleurs, les meilleurs proviseurs de lycées, les meilleurs directeurs de collèges, d’écoles élémentaires, d’écoles maternelles et de la Case des tout-petits. Je veillerai à ce que les différents directeurs rendent de meilleurs produits et ils seront naturellement récompensés en conséquence. Car il est totalement inadmissible que qui que ce soit, soit mieux payé qu’un enseignant. Aux Etats unis d’Amérique, les plus grands consultants sont les enseignants. Les professeurs d’université sont au sommet de la chaine alimentaire. C’est eux qui conçoivent les algorithmes mathématiques dont les compagnies d’assurance, informatiques, etc. se servent. Ils sont régulièrement consultés par le gouvernement. Il n’est pas acceptable qu’au Sénégal et en Afrique, qu’on néglige les enseignants et les chercheurs’’.
Justice :
‘’J’avais voulu projeter le discours du grand juge Kéba Mbaye sur l’éthique. Mais Macky Sall a un peu gâché la fête en exerçant une pression sur le Palm Beach qui, à la dernière minute, a retiré la salle et nos ingénieurs ont dû se battre avec ‘’Touba Bâche’’ pour aménager cet espace en quelques heures. Mais ce n’est pas grave, plus tard on se réunira dans de bien meilleurs endroits.
Nous avons un Conseil supérieur de la magistrature que j’ai décidé de ne plus présider s’il advenait que les Sénégalais me confient la responsabilité de diriger le pays. Mais je ne veux pas non plus un gouvernement des juges. Je veux un Conseil supérieur de la magistrature dont la composition sera réaménagée et remaniée, les juges ne seront plus seuls entre eux parce que j’ai fait un constat, en dehors d’un seul cas, je pense une greffière Aminata Ndiaye, aucun magistrat n’est sanctionné. Il faut associer à l’indépendance de la magistrature, leur responsabilité. Il faut que les magistrats soient sanctionnés quand ils commettent des fautes dans l’exercice de leur profession. Parce que ce n’est pas du tout normal d’emprisonner Khalifa Sall sans aucun motif valable et d’exiler Karim Wade.
Ce qui m’importe en tout cas, c’est que la composition du Conseil supérieur de la magistrature soit revue pour inclure tous les autres corps de la justice comme les avocats, les notaires, etc., mais aussi la société civile, les journalistes. Mais en tout cas, en tant président de la République, je n’y serai pas et je veillerai à ce que tous les autres corps y soient. Le juge n’est pas un singleton ou un atome isolé du reste de la société. Il vit dans la société et il en subit les pressions et les influences d’argent, de pouvoir, de parenté, culturelles, etc. Le métier de magistrat est très difficile, il faut qu’on les mette dans de bonnes conditions certes, mais c’est également un métier qu’il faut encadrer.’’
Electricité :
‘’Je voudrais qu’en 2029 à la fin de mon deuxième mandat, que plus personne au Sénégal ne demande de l’électricité et que l’accès soit universel. Aujourd’hui l’accès est de 50 à 55%. Ma priorité sera que l’accès soit total. Bien évidemment, il y a des difficultés à amener le réseau partout surtout dans les zones isolées. Mais fort heureusement les développements technologiques que je suis quotidiennement permettent d’électrifier les zones isolées à des couts acceptables. Je voudrais faire du Sénégal qui a du pétrole et du gaz, s’ils ne sont pas volés par la famille Faye-Sall d’ici là, un hub de production d’électricité. Parce que si les travaux en cours d’interconnexion du réseau se réalisent, le Sénégal aura un accès direct sur le marché de la Cedeao en matière d’électricité. Donc on pourra importer et exporter facilement. Ces travaux on va nous le livrer dans deux ans. Je voudrais également dans le mix énergétique, qu’on atteigne 30% de la puissance installée en énergie renouvelable. Il y a beaucoup d’enthousiasme, les gens parlent d’énergie solaire et renouvelable, mais l’électricité est une matière complexe. Si vous injectez beaucoup de renouvelable qui dépend de la disponibilité du soleil, vous pouvez menacer la stabilité de votre réseau. Parce que le jour où vous n’avez pas assez d’électricité, vous aurez des baisses de tension avec des appareils qui sont gâtés. Donc c’est un mix essentiellement difficile à réaliser.
Sur un autre sujet les contrats privés. Vous savez, il y a beaucoup de contrats privés qui se négocient et des choses pas catholiques s’y passent. Macky Sall m’entend, il sait de quoi je parle. D’abord c’est dangereux d’attribuer les Ipp à un même groupe, Toben qui fait un peu n’importe quoi. Bien évidemment, j’informe les groupes en question que je regarderais de très près ce dont nous avons signé. Si ce qu’ils ont signé ne respecte pas scrupuleusement les standards internationaux en matière de contrat, il y aura un léger souci.
Aujourd’hui quand je me rends à Bandia et que sur la route je vois des camions transporter le kérosène ou le fuel qui alimente l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, je trouve cela regrettable. Parce que ce carburant aurait dû emprunter un pipeline depuis la SAR jusqu’à Diass qui pourra se prolonger plus tard sur Kaolack et sur Tambacounda pour alimenter au moins les Maliens parce que 18% de nos exportations vont au Mali. Et quand je dis que Macky Sall, sa vision s’arrête à Diamniadio, ce n’est pas une simple boutade. Il aurait pu installer sa nouvelle ville à Tambacounda qui a des infrastructures qui autoriseraient d’accueillir un port sec qui permettrait aux Maliens d’emprunter la route Tamba-Kidira de fait ou le chemin de fer. Je le dis, il faut aussi qu’il apprenne à gérer les priorités. Parce que le TER, il y a quand même plus urgent : c’est le chemin de fer vers le Mali, via Touba. Vous savez, quand Serigne Modou Moustapha Mbacké voulait terminer les travaux de Touba et que le matériel lourd était difficile à transporter, 1500 Mourides ont pris d’assaut le chemin de fer et l’ont fait et les matériaux lourds sont arrivés à Touba et la mosquée est resplendie. Parce que l’ambition, il faut en avoir.’’
Economie numérique :
‘’Quand vous prenez le taux de croissance du Sénégal, son break down c’est 1.2 pour le secteur primaire, 1.2 pour le secteur secondaire et 4.4 pour le secteur tertiaire. Le secteur tertiaire a un rôle important et on a presque un profil de pays développé. Mais il faut être intelligent. Quand j’ai regardé la cascade de taxes qu’on impose à nos sociétés du numérique, je suis complètement ahuri. C’est comme si vous avez un champion, vous lui mettez plein de handicaps et vous lui demandez d’aller faire la course. Ce qu’il faut, c’est donner la possibilité à nos champions de gagner beaucoup d’argent et maintenant en prendre une bonne partie, c’est-à-dire, une fiscalité intelligente où nous allons permettre de faire une taxe normale sur les bénéfices, mais un cahier des charges contraignants pour les opérateurs qui viennent exploiter nos ressources en leur disant, si vous gagnez comme c’est le cas, 453 milliards de FCFA, vous allez rapatrier chez vous les 200 et les 253 vous allez les placer en compte du trésor ou en ce que vous voulez mais en tout cas, c’est votre argent vous l’investissez chez moi. Ce que je dis ce n’est pas un rêve. Alassane Ouattara qui est vice-président à l’Internationale libérale comme moi, l’a fait en Côte d’Ivoire. Au Gabon aussi on le fait. Mais ici au Sénégal, nous avons un lion qui dort.’’

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