PARRAINAGE: LA LOI PASSE, L’OPPOSITION SE CASSE

Malgré les stratagèmes et autres subterfuges de l’opposition pour empêcher son adoption, le projet de loi généralisant le parrainage est passé hier comme lettre à la poste.

Tout ça pour ça ! Serait-on tenté de dire après tout le tollé qu’a suscité la loi sur le parrainage. Hier, la fin du vote du projet de loi sur le parrainage a surpris plus d’un, l’opposition en particulier. En effet après plus de 7h de discussions qui ont tourné autour des questions préalables et des débats sur la forme, la majorité a fini par demander un vote sans débat. Et c’est Moustapha Cissé Lô qui a mis la proposition sur la table.

Selon le député de la CEDEAO, cette loi a été largement débattue en commission avec plus de soixante orateurs et le groupe parlementaire de l’opposition et les non-inscrits ont bien défendu leurs positions sur la question dans la matinée d’hier. Par conséquence, il n’a pas trouvé pertinent de faire une plénière avec plus de 100 orateurs inscrits pour la circonstance. ‘’Je propose un vote sans débat’’, a-t-il proposé. Une position que ces camarades des autres camps n’ont pas partagée. C’est dans ce sens que le président du groupe parlementaire de l’opposition, Madické Niang a milité pour un débat organisé conformément à la pratique parlementaire. Au même moment, le député non-inscrit Modou Diagne Fada invoque l’article 72 qui stipule qu’‘’au cours d’un débat, si la première liste est épuisée et que le ministre a répondu, le président de l’Assemblée nationale peut en proposer la clôture’’. ‘’Nous n’en sommes pas encore là. La liste vient d’être lue, elle n’est pas encore épuisée. Il faut d’abord donner la parole à tous ceux qui sont inscrits et maintenant pour le deuxième tour, on peut proposer un vote sans débat’’, argue le parlementaire.

Pour calmer l’assistance divisée sur la question, le président de l’Assemblée nationale convoque les deux présidents de groupe parlementaire Aymérou Gningue et Me Madické Niang ainsi que la représentante des non-inscrits, Aïda Mbodji pour une concertation de 10 minutes. A leur retour, le ton est donné. Niasse essaye de convaincre ses pairs pour faire passer la loi sans débat. Pour le président de l’hémicycle, on ne peut pas parler de sans débat pour ce vote. A ses yeux, les députés ont débattu de 9h30 à 13h30 minutes, donc le non débat concerne la suite de la procédure. ‘’La possibilité a été offerte à chaque député qui en a fait la demande, de prendre la parole et de s’exprimer, sans aucune entrave sur le projet en discussion au travers de questions préalables qui, en réalité, étaient des interventions’’, relève le leader de l’Afp. Un point de vue que ne partage pas le président du Pastef.  Pour Ousmane Sonko, ce que Moustapha Niasse appelle débat ne l’est pas car, dit-il, les débats commencent après les questions préalables et les observations sur la forme. Devant la persistance de la majorité à faire passer ce vote sans débat, des membres du groupe parlementaire de l’opposition ainsi que des non-inscrits comme Ousmane Sonko, Toussaint Manga, Barra Doly  … rejoignent Niasse sur le présidium afin de marquer leur désapprobation. Au finish, la proposition de Moustapha Cissé Lo, appuyée par le Président Aymérou Gning, a été approuvée par la plénière. Mise en minorité, l’opposition et les non-inscrits boudent la séance et ouvre un grand boulevard à la majorité qui adopté le projet de loi à l’unanimité avec 120 voix favorables.

La loi aussitôt adoptée, a fait l’objet d’un amendement de la part du président du groupe parlementaire BBY. Aymérou Gningue a, en effet, proposé à la plénière de revoir le taux de parrainage des voix qui est désormais fixé sur la fourchette o.8% au minimum et 1% au maximum. Cet amendement adopté à l’unanimité, tient compte des préoccupations de l’opposition parlementaire selon Aymérou Gningue. Pour sa part, le président de la Commission des lois, Seydou Diouf estime que c’est un amendement intelligent. Quant au ministre de la Justice, Ismaëla Madior Fall, au-delà de cet amendement, c’est l’adoption de ce projet de loi qui constitue u nouveau départ pour la démocratie sénégalaise. Car, estime-t-il, la prolifération des partis politiques était une pathologie de notre système démocratique qu’il fallait traiter.

 

 

 

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