Chili: les familles de disparus de la dictature contre le projet d’amnistie

Des familles de victimes de la dictature chilienne ont manifesté ce vendredi 16 mars devant le palais présidentiel à Santiago contre le projet du nouveau ministre de la Justice de permettre aux prisonniers âgés ou malades de finir leur peine à la maison. Une mesure qui concernerait aussi les criminels du régime Pinochet.

A quelques mètres du palais de la Moneda, des dizaines de familles de victimes de la dictature crient leur colère et demandent justice. Toutes brandissent des photos d’opposants disparus sous le régime du général Pinochet. Claudia Godoy porte la photo de son père : « Mon père est un médecin, qui a disparu depuis son arrestation le 4 août 1976. Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’il s’est passé. »

Claudia Godoy est révoltée par la proposition du ministre de la Justice qui permettrait aux criminels de la dictature malades ou très âgés de sortir de prison. D’autant plus que la plupart d’entre eux n’a donné aucune information pour aider à retrouver les corps des disparus. « C’est une gifle terrible pour nous, les familles. Les crimes dont on parle ne sont pas n’importe lesquels. »

La mesure est demandée depuis longtemps par la droite la plus conservatrice, proche des militaires, et par les criminels de la dictature eux-mêmes. « Inacceptable  juge Gisela Coussy, qui n’a jamais pu enterrer son père, l’une des 3 000 personnes tuées ou disparues sous le régime du général Pinochet. « Ils n’ont eu aucune pitié, et maintenant ils veulent nous faire croire qu’ils sont à plaindre. Moi je n’y crois pas », confie-t-elle.

L’association des familles des disparus a prévu de remettre lundi une lettre au président de droite Sebastian Piñera, pour demander l’abandon de cette mesure.

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